Extraits

Acte 3

Acte 3

Dans ce moment d’accalmie, toujours bien enveloppé contre ma chair, il déposa sa tête dans la ravine évasée de mon buste transpirant, plaquant son regard sur ma peau velouté, semblant pleurer comme un nouveau-né. Je l’enrobai, de l’ensemble de mes bras protecteurs, couvrant son visage, comme une mère attentive donnant le sein à son bébé. Nous restâmes ainsi, dans cette position que j’aimai à délecter et que je lui savais nécessaire, à marquer un temps de somnolence, à savourer la beauté de ce silence instauré. Je sentais sa respiration humecter ma poitrine tourmentée par la vivacité de mon martèlement cardiaque, même moi, j’avais du mal à reprendre mon souffle : mes poumons confinés par la pression qu’il exerça. Mon visage tourné vers la porte d’entrée, je m’évadai dans des songes extatiques tout en prolongeant les caresses que je portai sur sa rase chevelure. J’avais l’impression d’être sujette, à ses côtés, d’un bonheur assuré, et le fait de repenser à ce bonheur partagé fit extraire de mes orbes oculaires un maigre flot perlé. J’étais heureuse, loin de cette incompréhension, proche de lui, sous la protection de con corps amaigri même si je savais sa vulnérabilité plus probante que la mienne. Que me vie était douce à ses côtés, baignée dans la plus parfaite félicité, noyé d’une alacrité limpide et harmonieuse. Je souhaitai que ce bonheur fût éternel, je souhaitai que nous restassions unis jusqu’à la fin de nos jours, je souhaitai notre union immortelle : mais qu’est ce qui pouvait contrecarrer l’exhaussement d’une telle destinée ?


Version finale

illustration pour marre de celle là

Submergés par une nouvelle accalmie à la réviviscence perceptible, nous préservâmes cette agréable staticité qui semblait soudainement nous dominer. Il demeura bien enveloppé contre ma chair, mais très vite il coulissa son visage dans la ravine évasée de mon buste transpirant, plaquant son regard sur ma peau veloutée, semblant pleurer comme un nouveau-né. Je l’enrobai, de l’ensemble de mes bras protecteurs, enfouissant toujours plus son visage et le couvrant de privautés suaves, comme une mère attentive donnant le sein à son bébé. Nous restâmes ainsi, dans cette position médusée que j’aimai à délecter et que je lui savais nécessaire, à marquer un temps de somnolence, à savourer la beauté de ce silence instauré. Je sentis sa respiration humecter ma poitrine, elle-même tourmentée par la vivacité de mon martèlement apexien, car moi aussi, j’avais du mal à reprendre mon souffle. Alors, afin d’enliser l’embolie, mon visage chavira, telle une morte ! dirigeant mon regard vers la porte d’entrée à la base fluorescente. Cette vive lueur sembla me détendre, m’apaiser et me guider vers la sortie émancipatrice d’un tunnel sans fin à la ténébreuse illisibilité. Tout en prolongeant mes caresses sur sa rase chevelure, je m’évadai subtilement dans des songes extatiques, qui harmonisèrent mon esprit et le guidèrent dans un écoulement édénique. J’avais l’impression d’être sujette, à ses côtés, d’un bonheur assuré, d’une félicité manifeste, et le fait de repenser à ce bonheur partagé fit extraire de mes orbes oculaires un maigre flot perlé. J’étais heureuse, loin de cette incompréhension, de cette noise incessante ; que j’étais heureuse proche de lui, sous la protection de son corps amaigri même si je savais sa vulnérabilité plus probante que la mienne. Que ma vie était douce en ces lieux, baignée dans la plus parfaite béatitude, noyée d’une alacrité limpide et astatique. Je souhaitai que ce bonheur fût éternel, je souhaitai que nous restassions enchaînés jusqu’à la fin de nos jours, je souhaitai notre union immortelle : mais qu’est ce qui pouvait contrecarrer l’exhaussement d’une telle destinée ? Rien ! notre Amour était invulnérable, rien ne pouvait le recouvrir, il était apte à scinder en deux la Cordillère, notre Amour était éternel et marchait en silence, il était immuable à travers les années.