Extraits

Acte 4

Acte 4

Venaient certains vendredi et samedi soir où, après que la lune ai porté sa parfaite rondeur au faîte de ses possibilité, je filai, modestement accompagné, dans les pubs de la Balcarce afin d’inonder mon gosier du Dieu éthylique où j’espérai par la suite vomir mon alcool et ma haine et ainsi, l’évacuer par la même occasion. Evacuer ma belle, mon unique, ma douce et tendre, comme font tout ceux victime d’un blouse sentimental. Mais à chaque escapade, malgré les litres ingurgités, malgré l’intensité des décibels imposés, malgré l’excitante énergie qu’il pouvait se libérer de tels lieux, il ne se produisait rien, aucune évacuation. Au contraire, j’avais l’impression que son image, son aura, sa douceur ne faisait que prendre plus de place au sein de mon hangar sensitif. Noyé dans son imagerie, j’avais l’impression qu’elle me libérais de ce lieu infecte et immonde où tous ne faisaient que répondre au destin despotique dans lequel ils s’étaient installés. Ils sautillaient tous, sans exception, lorsque les spots stroboscopiques le leur ordonnaient. Ils hurlaient et contre attaquaient le capitalisme après chaque refrain engagé de leurs groupes de rock favoris tout en se saluant de leur verre étiqueté qui ne faisait que sponsoriser leur libération. A se dandiner, à s’exhiber, les garçons d’un côté, les filles de l’autre, à s’attendre mutuellement mais d’où ne découlait aucune suite. Car seule haine vomiteuse découlait de leur extravagance nocturne qui rééquilibrait parfaitement bien leur balance pitoyabilisé par leur intégration sociale. Il est clair qu’au petit matin, ils auront tout oublié de leur misérable semaine passée à exécuter et à subir. Et moi ! je semblais être l’intrus dans cette masse d’artificiers ; totalement insensible à cette réponse obligée ; cherchant secours, exil et réconfort dans sa douceur imagée, dans sa tendresse soupçonner. Décidément, elle seule pouvait me libérer de ce désastre obligatoire.


Version finale

illustration pour marre de celle là

Vint un samedi soir, dès que la lune déposa sa parfaite rondeur au faîte de ses possibilités, où, modestement accompagné, il fila dans les pubs de la Balcarce afin d’inonder son gosier du Dieu éthylique, souhaitant par la suite vomir son alcool et sa haine. Ainsi, espéra-t-il L’évacuer par la même occasion de son chaudron cérébral : évacuer sa Belle, son Unique, sa Douce et Tendre, comme font tout ceux, moins victime d’un blues sentimental qu’à la dévotion dipsomaniaque, par la digestion massive de cette levure cervoisée. Mais, malgré la boisson, malgré l’intensité des décibels imposés, malgré l’excitante énergie qui put se libérer de tels lieux, il ne se produisit rien, aucune évacuation. Au contraire, il avait l’impression que Son image, Son aura, Sa douceur ne firent que prendre plus de place au sein de son hangar sensitif ; il avait l’impression, noyé dans Son imagerie délicieuse et délicate, qu’Elle l’émancipa de ce lieu infect et immonde où tous ne firent que répondre au destin despotique dans lequel ils s’étaient installés. Ils sautillèrent tous, sans exception, lorsque les spots stroboscopiques le leur ordonnèrent ; ils hurlèrent et contre-attaquèrent le système après chaque refrain engagé de leurs groupes de rocks favoris ; ils trinquèrent machinalement, se saluant de leurs verres étiquetés qui ne faisaient que sponsoriser leur libération. À se dandiner, à s’exhiber, les garçons d’un côté, les filles de l’autre, tous s’attendaient mutuellement mais seule la haine vomiteuse découla de cette extravagance nocturne qui rééquilibra parfaitement bien leur balance pitoyabilisée par leur intégration sociale. Et lui, seul, isolé, insensible aux grimaces que faisaient tout autour de lui ces poissons dans la nasse, trouva secours, exil et réconfort dans Sa douceur truculente, dans Sa tendresse soupçonnée, dans Sa délicatesse incommensurable. Décidément, Elle seule pouvait le libérer de ce désastre obligatoire, donc à quoi bons ces déboires nocturnes suggestionnés par ce poison européen alors que sa drogue était ailleurs ? Il ne réitéra cette expérience, trop apeuré par son abâtardissement, par cette foule polygame à la recherche de furtivité, par cette phallocratie consomptive. Il préférait balziner seul, laissant ses membres insistants battre au rythme de son coeur qui, poussé par l’avidité de revoir sa Madone, sa Méthadone, parvenait parfaitement à inoculer à son être contaminé une énergie nouvelle. Car il l’était, contaminé, intégralement contaminé, pas une partie de son corps n’était épargnée par cette torpeur analgésique : le moindre de ses ribosomes, l’ensemble de ses “colimaçons”, l’intégralité de ses cations. Pas une particule, aussi infime fût-elle, n’était épargnée. C’était comme s’il avait absorbé des psilocybes jusqu’à en surpasser la dose létale. Mais l’hallucination était loin d’être psychédélique, vu que seule Son harmonie épidermique martelait sa psyché en proie aux délires les plus eidétiques. Il était rongé au plus profond de ses cellules et ces dernières, telles des monades, lui transmettaient ce message universel qu’Elle était l’Amour dans sa définition la plus noble. Dérivant dans cette définition comme dans son alcaloïde sentimental, il semblait incurable, même après ces mois de désintoxication forcée. Les premières absorptions de ce digestif sudoral et toutes celles qui suivirent avaient eu raison de son avenir jusqu’en son terme. Elle était l’ordonnatrice de ses transmissions synaptiques, Elle régissait le moindre de ses artéfacts, Elle était sa marionnettiste, et le pouvoir de Ses filins se voulait toujours aussi probant, même après Sa disparition incomprise. Piégé dans Son hilotisme, Elle ne le lâchait point, au contraire, Elle l’agrippait, l’arrachait à la réalité, Elle le contaminait jusqu’à ce que mort s’en suivît. Car qui seul que la mort pouvait le libérer de ce laudanum sentimental ; quoi d’autre, excepté Son retour, pouvait combler, de nouveau, ses caprices d’opiophage?