Génèse

la Forme

La Forme

illustration pour Marre de celle là

Lors de la rédaction de Marre De Celle Là, je me suis imposé pas mal d’impératifs, en fait, ce ne fut point comme mon recueil de poèmes, pure improvisation, loin de là.

- Je souhaitais rédiger l’ensemble de l’œuvre au passé simple. Ce temps est peu utilisé en français oral, et j’ai pris beaucoup de plaisir à l’user même si je ne le maîtrisais pas du tout.

- Je souhaitais faire des références à la culture celtique. Même si ce délire m’était ancré au début, je ne l’ai pas du tout respecté, il s’est dissous au fil de l’écriture. Seules les bagues (ces mêmes qui jonchent ce site dans leur représentation 3D), dont je mentionne leur présence dans le troisième acte, sont un clin d’œil à l’artisanat de cette civilisation. Soit, j’y mentionne de temps à autre quelques divinités, mais les allusions aux mythologies antiques sont fréquentes et pas seulement celtes, hindous, japonaises, germaniques, grec…

illustration pour Marre de celle là

- Une chose qui me tenait à cœur était d’utiliser des termes techniques, scientifiques, bref compliqués afin que la personne, lors de la première lecture, ne comprenne rien à l’histoire. J’ai donc effectué toute une recherche de mots dans ce style, afin de pouvoir ensuite les insérer dans le récit final. Vous trouverez la liste de ces mots (la liste prend en compte tous les mots que je souhaitais mettre en ligne, pas seulement les compliqués) en bas de cette page. Cette envie n’était absolument pas du sadisme, je voulais juste arriver à cet effet : la personne lit mais ne comprend pas car c’est trop compliqué, elle prend le dictionnaire, prend connaissance de la signification du mot compliqué, et comprend alors le récit, telle une révélation. Là aussi, bien évidemment, la présence de mots complexes est trop faible et se noie dans la masse du récit globale ; mais je pense être arrivé de temps à autre à cet effet escompté. De plus, l’utilisation massive de mots scientifiques, et notamment ceux en relation avec l’anatomie humaine et plus spécifiquement tout ce qui touche au système nerveux central, m’a permis de parfaire mon envie profonde de définir l’amour comme sensation pure.

illustration pour Marre de celle là

- Le récit est une succession de trois points de vus, le point de vu de celui-là, de celle-là, et d’une troisième entité, que l’on pourrait appeler narrateur, ou plutôt observateur. Les deux premiers points de vus sont retranscrits dans le livre à la première personne du singulier, le troisième à la troisième personne. Ce concept de structurer ainsi le récit, je l’ai eu assez rapidement, une fois que tout était partiellement ancré dans ma tête. L’idée première était de marquer une différence profonde entre la sensibilité, l’émotivité de la première personne à la neutralité et la froideur de la troisième ; mais aussi de justifier la relativité de toute interprétation. En effet, peut être que la réalité est unique et universelle, mais l’interprétation que l’on fait de cette réalité, soit la vérité, est plurielle et diverse : un même moment n’engendrera pas forcement le même récit suivant qui le raconte, surtout si ce raconteur prend la forme d’un observateur neutre et froid. Malheureusement, je ne pense pas être arrivé au résultat que j’aurais souhaité, et ceci pour plusieurs raisons. Les deux actes rédigés à la troisième personne, le 2 et le 4, sont ma foi très personnels, donc difficiles pour moi de me mettre à la place d’un observateur. Pour l’acte 2, j’ai taché d’émettre parfois des descriptions brèves et insipides, mais elles sont il me semble bien rares. Définissant dans cet acte ce que je pensais nommer amour non social, je ne pus faire preuve de neutralité. Pour l’acte 4, c’est un condensé de pensées personnelles brutes, que j’ai tenté d’adoucir, mais en vain ; surtout que je souhaitais cet acte cruel. À vrai dire, je pense être arrivé à un résultat intéressant dans l’acte 5, ou je décris une même scène (début d’une après-midi printanière) depuis ces trois points de vus différents : le temps défile alors de manière totalement différente suivant qui prend la parole. Cette technique narrative m’intéresse énormément, peut être un jour mettrais-je sur papier un récit de la sorte.